LETTRE A EUX

Partout ils sont là,

Derrière chacun de mes pas.

Eh ! Dites moi pourquoi,

Sur la terre, partout, je les vois.

 

Pourquoi,

Font-ils la guerre.

Pourquoi,

La mort va-t-elle de pair

Avec leurs mœurs et leurs rires.

 

Ils ne méritent même pas le nom d'animaux.

La terre ne peut, qu'à la tête, avoir mal.

Je sais, ces termes, chez les poètes, sont banals,

Mais à mon inspiration, les mots font défaut.

 

Stop !

Partez !

J'ai trop mal,

Laissez-moi seul !

Remportez votre orgueil

Et vos vilaines pensées !

 

Ma tête est saturée de toutes vos bêtises

Sur lesquelles, la société actuelle est assise.

La sève des pauvres arbres est devenue toute noire.

De vos manoirs de cent mètres de haut, j'ai marre.

Au dessus de ceux-ci, les nuages sont si lourds,

Qu'il ne peut ici-bas, que pleuvoir chaque jour.

 

Arrêtez de détruire cette boule où vous êtes,

Avec vos champignons de fumée qui empestent,

Qui rendent difformes vos arrière-petits-enfants.

Je vous interdis de tuer ainsi mes enfants.

 

Et elle, je ne veux point que sa fraîcheur s'en aille.

Si vous me la changez avec toute cette racaille,

Je vous tuerais tous autant que vous êtes, canailles.

Elle est si belle, si au-dessus de vous, messieurs.

Quand elle me regarde de son air amoureux,

Mon esprit sort de mon corps en suivant ses yeux.

 

Arrêtez, messieurs

Et toutes les races humaines !

Laissez la terre tourner comme elle le veut,

Votre vie n'en sera que plus saine !